02.06.2008
Des livres parfumés - II
Emile Zola "La faute de l'abbé Mouret"
"...Ils traversaient les résédas qui leur montaient jusqu'aux genoux, comme un vrai parfum. A côté d'eux, un champ d'héliotropes, d'une haleine si douce de vanille qu'elle donnait au vent comme une caresse de velours. Alors, ils s'assirent au milieu d'un bouquet de lis, qui avait poussé là. Ils étaient venus des roses dans les lis à travers toutes les fleurs. Les lis leur offraient un refuge de candeur au milieu de la sollicitation ardente des chèvrefeuilles suaves, des violettes musquées, des verveines exhalant l'odeur fraîche d'un baiser, des tubéreuses soufflant la pamoison d'une volupté mortelle..."
Fanny Deschamps "la Bougainvillée"
"...Elle mordit la jambose à pleines dents. Un goût de rose lui envahit la bouche. Dans son regard aussi, le soleil couchant mettait la même saveur de rose épanouie. C'était l'heure exquise, rafraîchie, où le parfum de jasmin renaissait. Emilie cueillit quelques fleurettes blanches pour les froisser entre ses doigts avant de les repirer ... (...) Maintenant l'air avait juste la tiédeur apaisée qu'il fallait pour cueillir au jasmin et aux mongris de la véranda leurs effluves les plus vifs, pour permettre aux roses jaunes de Cadix de dégorger leur épaisse odeur miellée, musquée, si délectable qu'en l'inspirant on inspirait de la volupté et, avec elle, une sourde envie de volupté plus totale..."
Colette "La retraite sentimale"
"La nuit descend, prompte à se fermer sur ce jardin dont la grasse verdure demeure sombre au soleil. L'humidité de la terre monte à mes narines : odeurs de champignons et de vanille et d'oranger... on croirait qu'un invisible gardénia, fiévreux et blanc, écarte dans l'obscurité ses pétales, c'est l'arôme même de cette nuit ruisselante de rosée... C'est l'haleine, par-delà la grille et la ruelle moussue, des bois où je suis née, des bois qui m'ont recueillie... J'ai oublié l'heure de manger, celle de dormir approche... Venez mes bêtes... Venez ! avec moi vers la lampe qi vous rassure. Nous sommes seuls à jamais. Venez ! Nous laisserons la porte ouverte pour que la nuit puisse entrer, et son parfum de gardénia invisible..."
09:35 Publié dans Parfums | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : parfums, livres
29.05.2008
Des livres parfumés
Comme vous le savez depuis mes notes sur les auteurs, j'ai compulsé divers documents afin de trouver des romans traitant des parfums. Quelques notes suivront.
Jeanne Bourin, auteur et spécialistes des romans du Moyen-Age, a toujours parlé des parfums :
"Les Pérégrines" - "Balayés par une brise venue de la mer, les nuages se dispersèrent bientôt. La pluie cessa et le soleil revenu sécha les gouttes d'eau qui emperlaient fleurs et feuilles. L'odeur de la terre mouillée, de la végétation printanière, des roses et du jasmin, s'épanouit, se répandit, se mêla à la senteur salée que le vent apportait avec lui du large ..."
"Très sage Héloïse" - " Je me souviens du goût de fleur qu'avaient tes lèvres en été, car tu mâchais du jasmin pour aromatiser ton haleine. En hiver, tu portais un manteau de laine épaisse, fourré de pelages de loup. L'odeur sauvage qui s'en dégageait encore demeurait longtemps sur ta peau. J'aimais flairer contre toi ces effluves de bête fauve qui ajoutaient un relent insolite à la senteur de vétiver dont tu avais l'habitude de te faire oindre au sortir des étuves.
Pour la créature instinctive et sensuelle que je ne puis entièrement dissimuler sous mon masque d'intellectualité, les parfums ont toujours eu une extrême importance par leur pouvoir d'évocation. J'ai conservé en secret dans ma cellule, pendant des années, le poignet brodé d'une de tes chemises. Ce ne fut que lorsqu'il eut perdu la dernière trace, l'ultime exhalaison qui me rappelait ta présence, que je pus m'en séparer..."
...
" Ce premier repas, dont j'ai oublié les composants, à part un certain pâté d'anguilles dont te retrouveras le goût avec ravissement, conserve en mon souvenir un bouquet rustique. Tout y était nouveau pour moi : l'odeur du cidre, la saveur du pain de seigle, la senteur du linge blanchi sur le pré, et les effluves insistants de l'étable qui se faufilaient jusqu'à nous."
...
"L'unique printemps breton que j'aie jamais connu demeure radieux dans ma mémoire. Le verger n'était que foisonnement de feuilles fraîches, d'herbe drue, de pétales. Les poiriers et les pommiers en fleur éblouissaient le regard. L'air embaumait la sève, le miel, les ajoncs. Des touffes de narcisses poussant au bord de l'eau faisaient parvenir jusqu'à moi des bouffées si odorantes qu'on songeait au passage invisible de quelque magicienne..."
"Le Grand Feu" - "Aidée d'une servante à l'air avenant, Aubrée fit retirer à Isambour sa chemise et son simple bliaud*. Frictionné pour commencer avec une eau de senteur au romarin, le mince corps dévêtu fut ensuite enduit par la chambrière du contenu odorant d'une pomme d'ambre en argent ciselé. Sur la peau ainsi parfumée, elle passa une chemise de soie plissée aux manches collantes..."
* bliaud = tunique portée par les hommes et les femmes au Moyen Age
09:19 Publié dans Parfums | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : parfums, livres, jeanne bourin
09.05.2008
SORTIE
Il est très important pour moi de vous annoncer la sortie d'un livre.
Il s'appelle "L'endroit à l'envers" et est signé Pierre Cornwall.
Il est vendu dans les prochains jours sur Amazon.
06:53 Publié dans Angélita M | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : livres, pierre cornwall, l'endroit à l'envers