02.06.2008
Des livres parfumés - II
Emile Zola "La faute de l'abbé Mouret"
"...Ils traversaient les résédas qui leur montaient jusqu'aux genoux, comme un vrai parfum. A côté d'eux, un champ d'héliotropes, d'une haleine si douce de vanille qu'elle donnait au vent comme une caresse de velours. Alors, ils s'assirent au milieu d'un bouquet de lis, qui avait poussé là. Ils étaient venus des roses dans les lis à travers toutes les fleurs. Les lis leur offraient un refuge de candeur au milieu de la sollicitation ardente des chèvrefeuilles suaves, des violettes musquées, des verveines exhalant l'odeur fraîche d'un baiser, des tubéreuses soufflant la pamoison d'une volupté mortelle..."
Fanny Deschamps "la Bougainvillée"
"...Elle mordit la jambose à pleines dents. Un goût de rose lui envahit la bouche. Dans son regard aussi, le soleil couchant mettait la même saveur de rose épanouie. C'était l'heure exquise, rafraîchie, où le parfum de jasmin renaissait. Emilie cueillit quelques fleurettes blanches pour les froisser entre ses doigts avant de les repirer ... (...) Maintenant l'air avait juste la tiédeur apaisée qu'il fallait pour cueillir au jasmin et aux mongris de la véranda leurs effluves les plus vifs, pour permettre aux roses jaunes de Cadix de dégorger leur épaisse odeur miellée, musquée, si délectable qu'en l'inspirant on inspirait de la volupté et, avec elle, une sourde envie de volupté plus totale..."
Colette "La retraite sentimale"
"La nuit descend, prompte à se fermer sur ce jardin dont la grasse verdure demeure sombre au soleil. L'humidité de la terre monte à mes narines : odeurs de champignons et de vanille et d'oranger... on croirait qu'un invisible gardénia, fiévreux et blanc, écarte dans l'obscurité ses pétales, c'est l'arôme même de cette nuit ruisselante de rosée... C'est l'haleine, par-delà la grille et la ruelle moussue, des bois où je suis née, des bois qui m'ont recueillie... J'ai oublié l'heure de manger, celle de dormir approche... Venez mes bêtes... Venez ! avec moi vers la lampe qi vous rassure. Nous sommes seuls à jamais. Venez ! Nous laisserons la porte ouverte pour que la nuit puisse entrer, et son parfum de gardénia invisible..."
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29.05.2008
Des livres parfumés
Comme vous le savez depuis mes notes sur les auteurs, j'ai compulsé divers documents afin de trouver des romans traitant des parfums. Quelques notes suivront.
Jeanne Bourin, auteur et spécialistes des romans du Moyen-Age, a toujours parlé des parfums :
"Les Pérégrines" - "Balayés par une brise venue de la mer, les nuages se dispersèrent bientôt. La pluie cessa et le soleil revenu sécha les gouttes d'eau qui emperlaient fleurs et feuilles. L'odeur de la terre mouillée, de la végétation printanière, des roses et du jasmin, s'épanouit, se répandit, se mêla à la senteur salée que le vent apportait avec lui du large ..."
"Très sage Héloïse" - " Je me souviens du goût de fleur qu'avaient tes lèvres en été, car tu mâchais du jasmin pour aromatiser ton haleine. En hiver, tu portais un manteau de laine épaisse, fourré de pelages de loup. L'odeur sauvage qui s'en dégageait encore demeurait longtemps sur ta peau. J'aimais flairer contre toi ces effluves de bête fauve qui ajoutaient un relent insolite à la senteur de vétiver dont tu avais l'habitude de te faire oindre au sortir des étuves.
Pour la créature instinctive et sensuelle que je ne puis entièrement dissimuler sous mon masque d'intellectualité, les parfums ont toujours eu une extrême importance par leur pouvoir d'évocation. J'ai conservé en secret dans ma cellule, pendant des années, le poignet brodé d'une de tes chemises. Ce ne fut que lorsqu'il eut perdu la dernière trace, l'ultime exhalaison qui me rappelait ta présence, que je pus m'en séparer..."
...
" Ce premier repas, dont j'ai oublié les composants, à part un certain pâté d'anguilles dont te retrouveras le goût avec ravissement, conserve en mon souvenir un bouquet rustique. Tout y était nouveau pour moi : l'odeur du cidre, la saveur du pain de seigle, la senteur du linge blanchi sur le pré, et les effluves insistants de l'étable qui se faufilaient jusqu'à nous."
...
"L'unique printemps breton que j'aie jamais connu demeure radieux dans ma mémoire. Le verger n'était que foisonnement de feuilles fraîches, d'herbe drue, de pétales. Les poiriers et les pommiers en fleur éblouissaient le regard. L'air embaumait la sève, le miel, les ajoncs. Des touffes de narcisses poussant au bord de l'eau faisaient parvenir jusqu'à moi des bouffées si odorantes qu'on songeait au passage invisible de quelque magicienne..."
"Le Grand Feu" - "Aidée d'une servante à l'air avenant, Aubrée fit retirer à Isambour sa chemise et son simple bliaud*. Frictionné pour commencer avec une eau de senteur au romarin, le mince corps dévêtu fut ensuite enduit par la chambrière du contenu odorant d'une pomme d'ambre en argent ciselé. Sur la peau ainsi parfumée, elle passa une chemise de soie plissée aux manches collantes..."
* bliaud = tunique portée par les hommes et les femmes au Moyen Age
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26.05.2008
Eau des Merveilles
C'est de celle-ci dont tu parlais, Manu ?
14:51 Publié dans Parfums | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : parfums, pubs, hermès, eau des merveilles
24.05.2008
Pubs
14:39 Publié dans Parfums | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : parfums, pubs, kenzo, guerlain
22.05.2008
Pubs parfumées


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20.05.2008
Des années et des bloggeuses parfumées
1714 : Eau de Cologne de Farina (Jean-Marie)
1889 : Jicky de Guerlain (Aimé)
197 : Chypre de François Coty
1921 : N° 5 de Chanel pour Ptipimous : "Je fais partie de celles qui aiment changer d'odeurs avec les humeurs. J'essaie de les accorder. J'en change presque tout les jours et j'en ai des spéciaux par saison car en été j'apprécie plus les senteurs plus légères et fruités. Alors du coup les voilà (la liste est longue) : 1) Babydoll de dior, très fruité, pour l'été principalement, lorsque je veux me la jouer lolita, un peu espiègle 2) Chanel 5, shalimar (guerlain) et Poison de dior, aux parfums plus soutenus pour envouter ,3)Lapidus Woman très doux, qui peut s'accorder avec toutes mes humeurs, et en vrac 4) Ultraviolet Paco Rabanne parfum soutenu, Castelbajac pour les soirées, purepoison (dior) plutôt léger et pour l'été, dior addicted (parcequ'on me l'a offert et que j'aime bien l'odeur!). J'espère ne pas t'avoir trop noyé". *(tu iras voir en 1999 pour Baby Doll.). Ma mère a aussi porté ce parfum.
1924 : Habanita de Molinard
1925 : Crêpe de Chine de la Parfumerie Millot (Jean Desprez)
1925 : Shalimar de Guerlain pour Ptipimous mais aussi pour ma mère
1927 : Arpège de Lanvin
1929 : Soir de Paris de Bourjois (Ernets Beaux)
1930 : Joy de Jean Patou
1944 : Femme de Rochas
1947 : Miss Dior de Dior Parfum que j'ai porté, beaucoup aimé, mais maintenant je préfère Miss Dior Cherie
1948 : L'air du temps de Nina Ricci
1956 : Diorissimo de Dior Je l'ai porté et j'adore son odeur de muguet
1959 : Monsieur de Givenchy
1966 : Eau sauvage de Dior
1967 : Cuir de Russie de Farina Gegenüber
1969 : Ô de Lancôme
1972 : Aroma Elixir de Clinique
1977 : Opium d'Yves Saint Laurent. Le seul YSL que j'ai porté et que j'aime
1978 : Azzaro pour Hommes d'Azzaro
1978 : Magie Noire de Lancôme
1978 : Polo de Ralph Lauren
1979 : Anaïs Anaïs de Cacharel
1980 : La Haie Fleurie du Hameau pour ACGS "Chère Angélita, mon parfum préféré depuis de nombreuses années est “La haie fleurie” de l’Artisan Parfumeur, senteur jasmin. Souvenir d’été en Tunisie où l’on se balade le nez plongé dans un bouquet de jasmin en bouton !!!! Comme je te l’avais dit j’y reste fidèle espérant que mes enfants se souviendront de moi à travers cette fragrance, un peu comme Proust et sa madeleine!" "le jasmin pour moi c'est la Tunisie, le pays de naissance de ma mère, il est lié aussi à mon père mais de façon plus dramatique, cependant ça fait partie de mon histoire. Avec "La haie fleurie" de l'Artisan Parfumeur, c'est un peu comme si je me retrouvais en terrasse face à la mer à déguster un thé à la menthe, la peau encore chaude du soleil de l'après-midi, les cheveux encore humides de la mer, et puis la lumière rouge-oranger qui enveloppe les murs blancs aux portes bleues !"
1981 : Antaeus de Chanel Superbe parfum pour homme
1981 : Kouros d'Yves Saint Laurent
1983 : Paris d'Yves Saint Laurent parfum que ma mère a porté
1984 : Coco de Chanel pour Manu "Coco de Chanel, forcément.. tu aurais pu le deviner…Ce parfum me colle tellement à la peau que j’ai presque l’impression qu’il a été fait pour moi…D’ailleurs, beaucoup de gens m’ont dit qu’il m’allait parfaitement bien…"
1985 : Poison de Dior pour Ptipimous et moi-même.
1985 : Obsession de Calvin Klein
1987 : Loulou de Cacharel
1988 : Cool Water de Davidoff
1988 : Fahrenheit de Christian Très bon parfum pour homme. D'ailleurs, nous avons cassé la bouteille et l'odeur est restée un bon moment.
1990 : Egoïste de Chanel
1992 : Parfum d'été de Kenzo pour Chris : "Comme je te l'ai déjà dit je crois, je ne peux plus me parfumer... mais quand je le faisais encore, j'avais eu un gros coup de coeur pour le Parfum d'été de Kenzo, il est doux et léger et je regrette de ne plus pouvoir le porter.. quoi que en passant dans une parfumerie je pense refaire un essai. Quoi qu'il en soit pour avoir le plaisir de le sentir sur quelqu'un d'autre, je l'ai offert à ma mère (ouais, c'est hyper égoïste!). Si tu veux des anecdotes et des souvenirs par contre je peux t'en donner. Notre Mi-souris un jour a porté l'ancien "Champagne" d'YSL... que je ne supporte plus parce que la première fois que l'ai senti sur elle j'avais la grippe! J'aime beaucoup les parfums pour homme. Un jour un de mes collègues s'est fait livrer du parfum au collège (il est très à l'aise!) et s'est parfumé en salle des profs.. ce qui m'a rendue toute nostalgique parce que c'était Azzaro, le parfum de mon père. Quant à Allure pour homme... même problème parce que c'est (ou c'était) le parfum de mon grand chagrin d'amour."
1992 : Angel de Thierry Mugler Mon parfum, moi et encore moi
1992 : L'eau d'Issey d'Issey Miyake
1993 : Jean-Paul Gaultier de Jean-Paul Gaultier
1995 : CK One de Calvin Klein
1995 : Dolce Vita de Dior
1995 : Le Mâle de Jean-Paul Gaultier
1996 : Eau de Kenzo pour Mania "quelle belle idée.. Moi, fidèle depuis des années à Eau de Kenzo en hiver et Thé Vert d’Elisabeth Arden en été… ou l’inverse, suivant l’humeur !
Eau de kenzo parce qu’à force de tester des dizaines de parfums, c’est le seul qui m’a séduite sans que je suis écoeurée par l’odeur qu bout de quelques semaines. Thé Vert, acheté une fois par hasard dans un aéroport avant de partir en vacances, depuis je suis accro et terriblement angoissée qu’un jour il ne se fabrique plus. Dès que j’en mets, c’est le soleil, la liberté et les vacances qui m’arrivent en pleine face… à chaque pchittt, c’est sourire assuré, comme si c’était un réflexe de Pavlov !"
1997 : Lolita Lempicka de Lolita Lempicka je navigue entre Mugler, Dior et elle. J'aime son odeur de réglisse
1997 : Happy de Clinique pour Kitty
1998 : Hypnotic Poison de Dior Encore un Poison
1998 : Pi de Givenchy
1999 : Baby Doll d'Yves Saint Laurent pour Ptipimous En effet, Babydoll, c'est YSL et non Dior.
1999 : Ultraviolet de Paco Rabanne pour Ptipimous
2001 : Eau de Cologne de Thierry Mugler Mon eau de Cologne pour l'été
2001 : Thé Vert d'Elizabeth Arden pour Mania
2001 : Coco Mademoiselle de Chanel pour Aurélie : "j'imagine que ce n'est plus un secret pour toi, mon parfum, c'est coco mademoiselle de chanel. aucune anecdote que je connaisse dessus et pourtant, je le porte depuis qu'il existe", mais aussi Caloudace
2001 : Lapidus Woman de Ted Lapidus pour Ptipimous
2002 : Dior Addict de Dior pour Ptipimous et moi-même
2003 : Very Irresistible de Givenchy pour Colaly
2003 : Eau Légère Parfumée de Shalimar pour Caloudace
2004 : For Her de Narciso Rodriguez pour Caloudace
2004 : Pure Poison de Dior pour Ptipimous et moi-même
2004 : Concentré d'orange verte d'Hermès pour cet été en complément de Mugler
2005 : Alien de Thierry Mugler Encore un Mugler pour moi
2005 : Miss Dior Cherie J'adore son odeur acidulée
2005 : Pivoine Magnifica de Guerlain pour Caloudace : " Je viens de finir pivoine magnifica de guerlain et là, je suis tombée amoureuse de "eau de shalimar". Le parfum est terriblement important pour moi mes premiers souvenirs sont olffactifs....le parfum de ma maman : 19 de Chanel, diva, magie noire, paris, eau de bagatelle....des parfums très femme, j'adore!! depuis quelques années les parfums sont tous les mêmes, c'est désespérant pour moi mais il a toujours fallu que je trouve une odeur propre à un moment de ma vie : quand j'attendais Louisa c était Mademoiselle Coco qui sortait tout juste, pour Camille, c était for her de narciso Rodriguez que j ai porté avant tout le monde grâce à une amie. Cela peut paraître idiot mais il fallait à ce moment là que je porte un parfum jamais senti sur quelqu'un d'autre. Et pour ma Jeanne c'était déjà pivoine magnifica! Le parfum jalonne ma vie et construit mes souvenirs."
2005 : Dior Homme de Christian Dior
2006 : L de Lolita Lempicka pour une fée bien nommée : Fée Clochette. Elle aimait aussi C'est la vie de Christian Lacroix, mais il ne se fait plus.
"Tu connais mes préférences... Et mon choix s'est d'abord porté sur les merveilleux flacons bijoux de cette marques... Ils me font rêver comme le sublime site que tu m'as fait découvrir..."
2007 : Midnight Poison de Dior Un autre des Poisons que j'aime
2007 : Elle d'Yves Saint Laurent Ma fille l'a essayé, l'a adopté et qu'est-ce qu'il lui va bien et elle sent bon. Il est fait pour elle.
2007 : ckIN2U de Calvin Klein pour Kitty
2008 : Fleur défendue de Lolita Lempicka pour Colaly et moi-même
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15.05.2008
Des auteurs parfumés - II
Marceline Desbordes-Valmore "Les Roses de Saadi"
"J'ai voulu ce matin te rapporter des roses;
Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les noeuds trop serrés n'ont pu les contenir.
Les noeuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées.
Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir;
La vague en a paru rouge et comme enflammée.
Ce soir, ma robe encore en est toute ambaumée...
Respires-en sur moi l'odorant souvenir."
Pierre De Ronsard "Amours de Marie (II,4)
Comme on voit sur la branche au mois de mai la rose,
En sa belle jeunesse, en sa première fleur,
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
Quand l'aube de ses pleurs au point du jour l'arrose;
La grâce dans sa feuille, et l'amour se repose,
Embaumant les jardins et les arbres d'odeurs;
Mais, battue ou de pluie, ou d'excessive ardeur,
Languissante elle meurt, feuille à feuille déclose ..."
PAUL VALERY : "Une femme qui ne se parfume pas n'a pas d'avenir..."
Alphonse de Lamartine "L'Automne"
"... La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire;
A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux;
Moi, je meurs; et comme mon âme, au moment qu'elle expire,
S'exhale comme un son triste et mélodieux."
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5 de Chanel

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11.05.2008
Des auteurs parfumés
De célèbres auteurs ont écrit des mots pour décrire des parfums.
Tiré de ma collection sur les parfums.
Vous aurez d'autres notes concernant auteurs, livres, encyclopédies.
De Charles Baudelaire "Portraits de maîtresses"
"Tous les hommes, disait celui-ci, ont eu l'âge de Chérubin : c'est l'époque où, faute de dryades, on embrasse, sans dégoût le tronc des chênes. C'est le premier degré de l'amour. Au second degré, on commence à choisir. Pouvoir délibérer, c'est déjà une décadence. C'est alors qu'on recherche décidément la beauté. Pour moi, messieurs, je me fais gloire d'être arrivé, depuis longtemps, à l'époque climatérique du troisième degré où la beauté elle-même ne suffit plus, si elle n'est assaisonnée par le parfum ..."
Les Fleurs du mal "Le flacon"
"(...) Il est de forts parfums pour qui matière
Est poreuse. On dirait qu'ils pénètrent le verre.
En ouvrant un coffret venu de l'Orient
Dont la serrure grince et rechigne en criant,
Ou dans une maison déserte quelque armoire
Pleine de l'âcre odeur du temps, poudreuse et noire,
Parfois on trouve un vieux flacon qui se souvient,
D'où jaillit tout vive une âme qui revient.(...)"
Les Fleurs du Mal "Le parfum"
"Lecteur, as-tu quelquefois respiré
Avec ivresse et lente gourmandise
Ce grain d'encens qui remplit une église,
Ou d'un sachet le musc invétéré ?
Charme profond, magique, dont nous grise
Dans le présent le passé restauré !
Ainsi l'amant sur un corps adoré
Du souvenir cueille la fleur exquise.
De ses cheveux élastiques et lourds,
Vivant sachet, encensoir de l'alcôve,
Une senteur montait, sauvage et fauve,
Et des habits, mousseline ou velours,
Tout imprégnés de sa jeunesse pure,
Se dégageait un parfum de fourrure."
07:24 Publié dans Parfums | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : parfums, auteurs
05.05.2008
HISTOIRE PARFUMEE : De 1900 à ...
Une parfumerie moderne naît lorsqu’apparaît la véritable industrie du parfum.
La chimie progresse et les premiers produits de synthèse sont utilisés. Les parfums sont donc plus élaborés. Les senteurs sont nouvelles, fleuries et recréées grâce aux produits de synthèse. Chacun peut trouver son bonheur.
Le parfum devient un signe de mode, de séduction, de nouveauté et d’originalité au cours des années.
Guerlain, Coty, Houbigant, Roger et Gallet, Bourgeois, Caron et Millot permettent à la parfumerie française d’acquérir une dimension internationale.
Les fragrances à la rose et à la violette sont élaborées artificiellement en laboratoire.
Les eaux fraîches, les eaux de toilette et les eaux de Cologne sont inventées dont les prix sont abordables et beaucoup plus faciles à utiliser. Guerlain crée la subtile « Eau de fleurs de Cédrat » en 1920 et « L’eau » en 1974. On ne peut pas parler d’eau de Cologne sans mentionner celle de Thierry Mugler, disponible depuis 2001. Cette eau est fraîche, qui « sent le propre », simple mais raffinée, eau d’antan que l’on n’espérait plus.
Les grands couturiers, comme Poiret, se lancent dans l’industrie des parfums. Son parfum « Parfums de Rosine » ne remporte pas le succès escompté car sa composition laisse à désirer.
Les aldéhydes découverts le siècle dernier sont utilisés dans les années 1920 à plus grande échelle. Les coûts sont beaucoup moins élevés comme pour la vanilline. En 1913, elle ne coûte que 45 francs. Au moment de sa découverte en 1876, elle valait 8 800 francs le kilo.
Les techniques de préparation des huiles essentielles évoluent. L’enfleurage classique, extraction à froid ressemblant aux techniques des Egyptiens, est remplacé par un enfleurage qui prévoit une distillation à l’alcool, plus économique et plus rapide.
Le formidable succès du N°5 de Chanel, révolutionnaire, permet aux couturiers de persévérer dans cette voie.
Jusqu’en 1960, apogée de la parfumerie, la création est le fait d’un petit nombre de parfumeurs qui ont le temps et les moyens de créer des parfums mondialement reconnus. Plusieurs grands « Nez » de Grasse travaillent pour les couturiers parisiens (Poiret, Chanel, Molyneux) et pour les maisons qui veulent commercialiser des fragrances à leur nom sans prendre en charge leur élaboration et leur fabrication.
Les années 20 permettent aux parfums de devenir un produit de grande consommation. La guerre est finie et les femmes veulent à nouveau séduire. Les maisons proposent des parfums « pour tous » et fabriquent des centaines de milliers d’élégants flacons dont les senteurs qui s’évaporent sont très agréables, dont les prix sont très compétitifs et les noms évocateurs. Les flacons sont fabriqués à l’échelle industrielle, François Coty s’est allié avec René Lalique. Le Baccarat est présent dans les bouteilles de Mitsouko et Shalimar (Guerlain – 1925). Son usine en Lorraine passe d’une centaine à plusieurs milliers de flacons par jour. Les souffleurs de verre de Brosse ont créé Arpège de Jeanne Lanvin et le N°5 de Chanel. Les mentalités changent, la mode aussi. Les femmes ne veulent plus de parfums poudrés et ça grâce à Coco Chanel, émancipée, active, moderne qui crée des vêtements pour une femme à son image. La femme libérée est née car elle ose bronzer. Son N°5 est à base de rose, jasmin, ilang-ilang mais fait la part belle aux produits de synthèse. Le succès est immédiat. Lors de la Libération en 1945, les GI font la queue devant la boutique Chanel pour ramener le N°5 chez eux. Marilyn le fera entrer dans la légende car elle déclare ne porter que lui comme vêtement de nuit. Shalimar aurait été créé en versant un échantillon de vanille de synthèse dans un flacon de Jicky. Jacques Guerlain aurait eu le coup de foudre.
De nombreux métiers voient le jour car il faut penser au conditionnement, au transport, à la présentation en magasin.
Le progrès est au rendez-vous des années 30. La libération des esprits est en cours. Les parfumeurs, grâce aux produits de synthèse, vont tester et trouver des senteurs encore plus enivrantes. Les parfums ont un goût d’évasion, d’univers lointain et d’exotisme. Cela se traduit avec « Joy » de Patou, considéré « comme le parfum le plus cher du monde ». L’accès à l’actualité, la naissance d’Air France vont donner des idées aux parfumeurs. Guerlain crée « Vol de nuit » et Patou « Normandie » en 1935. Les hommes ont droit, eux aussi, à leurs parfums. Les floraux vont « remplacer » les eaux de Cologne et les hespéridés. « Pour un homme » de Caron marie la lavande à la vanille et à la fève tonka.
Les congés payés font naître « Vacances » de Patou, mais aussi « Colony », flacon en forme d’ananas.
La publicité devient un outil indispensable avec les affiches. Le marketing en est à ses débuts car les parfums sont déclinés en ligne.
La seconde guerre mondiale fera taire la parfumerie pendant cinq ans. La seule fragrance créée est « Femme » de Rochas. La fin des conflits permet à « Vent vert » de Balmain et « L’air du temps » de Nina Ricci de voir le jour.
Après la seconde guerre mondiale où le monde a dû mettre en parenthèse la création, la consommation, la production, Paris devient la capitale de la mode. La femme active arrive, elle s’émancipe, s’affirme tout en étant toujours sophistiquée. Deux nouvelles fragrances arrivent sur le marché. « Youth Dew » d’Estée Lauder mais aussi « Habit rouge » de Guerlain, un ambré doux ressemblant à Shalimar, mais pour homme.
Il faut noter aussi que les eaux fraîches, les parfums verts voient le jour car la femme cherche une ressemblance avec le sexe opposé. Des senteurs florales, fraîches, aldéhydées que l’on retrouve dans « Diorissimo » de Dior en 1956, « Fidji » de Guy Laroche dix ans plus tard, « Calèche » d’Hermès en 1961 et « Ô » de Lancôme en 1969. La mode androgyne à la fin des années 60 permet aux femmes de « voler » Eau Sauvage de Dior aux hommes car elles aiment son odeur mixte, transparente, citronnée, florale et boisée.
Le parfum devient un geste quotidien pour la femme mais aussi pour l’homme. Les publicitaires l’ont bien compris. Un parfum peut être créé pour une femme ou un homme, suivant son âge, sa situation de famille…
Les Etats-Unis font une arrivée en force avec leurs parfums.
Les « vrais » parfumeurs se font plus rares, les « grossistes » s’organisent en puissantes sociétés. On compte dans les années soixante, 3 500 techniciens, 28 laboratoires de création, 48 bureaux de vente.
Les années 1970 voient les débuts du marketing. Les flacons et le packaging vont prendre une place considérable. Le commerce s’organise et s’amplifie. De nouvelles techniques de vente apparaissent, la publicité et la communication prennent une place plus importante au détriment du parfum. Des copies, des copies de copies sont produites. Selon Edmond Roudnitska, cette situation aurait abouti à une « cacophonie olfactive », une baisse de la qualité et un déclin de la création.
Vers la fin des années 1980, de grands groupes, comme L’Oréal, LVMH, etc, rachètent les maisons de parfumerie. L’artisanat de luxe n’existe plus, il est remplacé par une grande industrie internationale. Plusieurs tendances atténuent l’uniformisation d’une telle pratique. Certains créateurs ont occupé des postes laissés vacants. La parfumerie figurative coexiste avec des créations dites abstraites. La première utilise la figue, les céréales, le cacao, la noisette, le thé, le porte, la fumée, le métal pour des notes savoureuses ou évocatrices de modernité.
La parfumerie revient aussi aux anciennes vertus de bien-être et de santé avec des produits « vitalisants », « tonifiants », « purifiants », « apaisants », censés lutter contre le stress et avoir une action bénéfique sur le corps et l’esprit.
La parfumerie est maintenant très riche et le riche patrimoine culturel ressurgit.
Les parfums des années 2000 voient surgir les parfums de « couple ». Bien que le parfum soit différent, la base est commune. Homme et femme peuvent choisir un parfum dans la même famille olfactive.
Ceci est la dernière note historique.
06:46 Publié dans Parfums | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : parfums, histoire, 1900 à ...